Cuno AMIET (1868 – 1961)

Un bouquet de fleurs virevoltant, explosif et coloré, daté de 1920 par le peintre suisse Cuno Amiet.

Huile sur carton
Monogrammée et signée en bas à droite
Dimensions: 35 x 26 cm
Avec cadre: 53,5 x 45 cm
Prix : 28 000 €

Une explosion de couleurs, une touche vive, une mise en page en route vers l’abstraction

Des pivoines, des roses ? Un bouquet virevoltant, explosif, des couleurs en pagaille, gaies et douces, agréables à regarde, qui invitent à contempler. Ces fleurs paraissent prendre vie dans un élan, se mélangent dans une sorte de tourbillon inextricable, on peine à distinguer la variété présentée, le dessin est suffisamment net pour définir les contours du vase et de la table sur laquelle elles reposent.
À l’image du motif, le décor est fleurissant. À l’arrière-plan, les touches s’entremêlent dans un dégradé de couleurs qui vire du rose dans la diagonale gauche en haut à des tons violacés en bas à gauche en passant par du vert clair en bas. Là réside toute l’audace de cette composition qui prend le risque de brouiller les perspectives mais conserve la retranscription précise du sujet représenté.

Un talent de coloriste et une étude de l’espace et la lumière

Sous le prétexte d’une peinture de bouquet de fleurs, Cuno Amiet montre l’étendue de ses talents et sa capacité à sublimer les couleurs dans une palette infiniment vive et variée. Il joue et manie les dégradés sur la toile en passant très distinctement de teintes plus froides (bleu, vert, violet) à des tons plus chauds (rouge, orange, jaune). La diagonale partant de l’angle en bas à gauche et qui remonte vers l’angle en haut à droite marque très nettement cette séparation. Les fleurs sont, quant à elles peintes dans des couleurs respectivement rose et orange pastel.
La lumière du jour qui traverse la scène est un paramètre qui peut expliquer cette scission et donner de la cohérence à ce tableau. Le résultat est que la part droite du tableau semble être plongée dans la pénombre. Le meuble ancien sur lequel repose le vase avec les fleurs constitue le point d’ancrage à la réalité vis-à-vis du sujet hors-champs que l’on imagine en train de peindre.

Biographie

Cuno Amiet manifeste un talent pour la peinture dès le collège. Il reçoit une première formation artistique auprès de Frank Buchser, à Feldbrunnen (canton de Soleure), qui lui donne occasionnellement des cours de peinture. En 1886, il part étudier à l’Académie de Munich où il rencontre Giovanni Giacometti. En 1888, il se rend à Paris avec ce dernier. Les deux amis s’inscrivent à l’Académie Julian. S’inspirant de la vie de Paul Gauguin, Cuno Amiet passe une année à Pont-Aven en 1892, où il rencontre les disciples du maître et découvre également les œuvres de Vincent van Gogh. ll y rencontre également Armand Seguin qui l’initie à la gravure. Durant son séjour en Bretagne, il pose les bases de son art de coloriste.
En 1893, Cuno Amiet retourne en Suisse. En 1897, il fait la connaissance de Ferdinand Hodler, avec qui il a été l’un des plus illustres représentants du courant symboliste en Suisse. L’année suivante, il se marie avec la fille d’un riche aubergiste, Anna Luder. En 1898, il s’installe avec elle dans une maison à Oschwand (canton de Berne). Ce village bernois d’Oschwand devient un centre de création et de villégiature artistique dès 1908.
Il entretient des contacts étroits avec l’étranger, participant notamment avec Ferdinand Hodler à la Sécession de Vienne en 1904. Il expose à Dresde en mai 1905. Il y connaît les jeunes peintres expressionnistes qui fondent la même année le groupe artistique d’avant-garde Die Brücke. En septembre 1906, il est formellement invité à rejoindre Die Brücke, ce qu’il accepte. Cela a permis à Cuno Amiet de participer à des expositions collectives à l’étranger.
Lors de l’incendie du Palais de verre à Munich en 1931, Cuno Amiet perd une partie de son œuvre. Depuis les années 1920 jusqu’à sa mort en 1961, survenue à Oschwand alors qu’il est très âgé, Amiet se voue en priorité à des paysages joyeux et idylliques.
En plus des œuvres de chevalet, Amiet a aussi exécuté des peintures murales et des gravures. Par sa maîtrise de la couleur, il a imprimé, après Ferdinand Hodler, une nouvelle impulsion à la peinture suisse.
Cuno Amiet fut membre de la Commission fédérale des beaux-arts (1911-1915 et 1931-1932) et du Moderner Bund (1912). En 1919, il fut nommé docteur honoris causa de l’université de Berne. Il siégea également à la commission de la Fondation Gottfried Keller (1934-1948) et à la commission du musée des beaux-arts de Berne (1935-1948).

Bibliographie

• Cuno Amiet de Pont-Aven à « Die Brücke » – Musée Rath Genève- Skira Seuil

• Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistescontemporains. Tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, p. 35-36
• »Cuno Amiet » in Paul Müller et Sylvie Patry (dir.), Modernités suisses, 1890-1914, catalogue de l’exposition au musée d’Orsay, Paris, 1er mars – 27 juin 2021, Flammarion, Paris, mars 2021, p. 153-169

Musées

• Fine Arts Museum San Francisco
• Cleveland Museum Ohio
• Dallas
• Los Angeles
• Paris, Musée d’Orsay
• Musées de Berne, Bâle, Lucerne, Soleure, Lugano
• Musée de Florence[
• Brest, musée des beaux-arts
• Lugano, Museo Cantonale d’Arte: Cuno Amiet,
Autoportrait, 1922,

Source

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cuno_Amiet