Louis Legrand

L’heure du thé 
Huile sur panneau
Cachet de l’atelier en bas à droite
Dimensions : 44 x 47 cm,
Avec cadre: 60 x 64 cm
Collection Gilberte Cournand (étiquette au dos du tableau)
Prix: 18 000 euros
L’heure du thé se place entre les compositions modernes et subtiles de Helleu et celles plus faubouriennes de Forain ou de Willette. Deux femmes prennent le thé avec un troisième interlocuteur que l’on suppose être le peintre.

L’intérieur est modeste, trois tableaux sont accrochés au mur, un rideau est tendu en arrière plan. Les femmes sont assises sur des chaises Thonet 14, à l’époque vendu au prix d’une bouteille de vin de table.

La nudité de la jeune femme au second plan et la palette posée à côté des tasses démontrent que le peintre offre le thé à ses modèles après ou avant une séance de pose. Le tableau traduit l’amour de la vie et de la femme. La scène est emprunte de véracité et de la douceur de l’anecdote.

Biographie :

Louis Legrand est né en 1963 à Dijon. Peintre, aquarelliste, graveur et illustrateur, il est un artiste aux multiples facettes. Après une formation à l’école des Beaux-Arts de Dijon, il se rend à Paris en 1884 et devient l’étudiant du génial et sulfureux Félicien Rops qui l’initie à différentes techniques dont la gravure.

Le maitre apprécie les aptitudes de son élève. Dans une lettre datée de 1888 de Félicien Rops à Mr Roques, directeur de l’hebdomadaire « Le courrier français » il évoque « les qualités précieuses et rares, dominées par un extraordinaire amour du modelé de Louis Legrand. » il écrit aussi « Vous concevez que l’idée ne me vint pas d’apprendre quelque chose à ce gaillard-là!. Legrand s’est mis sans aide, comme les canetons vont à la mare, à faire de beaux dessins qui ont attiré l’attention des artistes et des amateurs »

A partir de 1902, l’artiste participe aux Salons des Beaux arts de Paris, à l’exposition universelle de 1900 où il fut médaillé.
il exposera aussi à la galerie Samuel Bing puis en 1904 à la galerie Georges Petit. Il fut décoré de la légion d’honneur en 1906.
En 1911, la galerie Durand-Ruel présente une grande rétrospective de son oeuvre.

Avant Toulouse-Lautrec, il dépeint la vie nocturne parisienne de la Belle Epoque, les cafés animés, les femmes, les danseuses de cancan. Le bal du Moulin Rouge de Paris est longtemps l’atelier de l’artiste.
L’éditeur et collectionneur d’art Gustave Pellet lui édite 300 gravures et lui achète tous ses pastels. Il grave pour lui également des sujets érotiques. Il est le peintre de « l’érotisme gai ».
Il est présent dans de nombreuse collections privées

Bibliographie : 

• Camille Mauclair, Louis Legrand, peintre et graveur, Floury, Paris 1910

• Dictionnaire des illustrateurs-1800-1914, Idé et Calande, Neufchatel, Paris 1989

• Bénézit, « Louis Legrand », Oxford Art Online

Musées :

. En France :

Dijon, le musée national Magnin et le musée des Beaux-Arts ; Strasbourg, musée d’art moderne et contemporain , Quimper, musée des Beaux Arts, .

. En Suisse:

Genève, Petit Palais.

. Aux USA :

Cleveland, Museum of Art; San Francisco; Washington, Smithsonian American Muséum