Eugène Gen Paul
Un bouquet de fleurs de Gen Paul, des années 1925-1930. Une oeuvre expressionniste, gaie, aux couleurs vives et à la touche enlevée.
Huile sur panneau d’acajou
Signée en bas à gauche
Dimensions : 46 x 37,5 cm
Prix : 5500 euros
Gen Paul l’expressionnisme des années 1925-1930 ou l’art de la suggestion.
Le bouquet est représenté devant un rideau de verdure. Le vase décoré repose sur un petit guéridon. L’on devine le haut de deux chaises noires au dossiers arrondis style bistrot entourant la petite table.
Comme à l’accoutumée chez Gen Paul la lecture de la peinture n’est pas aisée, l’expressionnisme de sa touche brouillant les pistes et chahutant la définition.
Entre abstraction et figuration, dans les années 20, Gen Paul, rempli de gaieté, peint avant tout ce qu’il aime.
Gen Paul avide de vie et de mouvement happe au vol un bouquet coloré qu’il jette ensuite avec fougue sur sa toile dans un joyeux désordre ordonné.
Biographie
Gen Paul est né au 96, rue Lepic, dans une maison que Van Gogh à représentée dans une de ses toiles. Sa mère était brodeuse et son père, musicien de café. Naître rue Lepic, c’était bon signe ; depuis, GEN PAUL n’a pas changé de quartier.
Des souvenirs pleins les yeux, plein la tête et plein sa palette. En sortant le soir de la communale rue Lepic, il était déjà fasciné par cet étrange nain élégant, merveilleusement habillé qui avait alors son atelier tout près, rue Tourlaque : Toulouse Lautrec. Il a connu la bande à Bonnot, La Goulue et les voitures à bras.
Un peintre né à Montmartre et habitant Montmartre est avant tout un peintre, Gen Paul n’a pas passé sa vie à peindre le Sacré Coeur, le Moulin Rouge et la rue Lepic.
Il commence à peindre dès son plus jeune âge.
Son apprentissage est original : en tant qu’apprenti décorateur d’intérieur, il regarde autour de lui dans les riches appartements. Passionné de peinture et avide de connaissance, il observe les oeuvres rassemblées par les amateurs d’art, là où son travail l’a emmené.
Il complète sa formation durant les quelques années qu’il fréquente l’école des Beaux-Arts de Paris.
En 1913, il se porte volontaire pour le front et est blessé. Un an plus tard, une deuxième blessure entraîne l’amputation de sa jambe droite. De retour à Paris en 1916, il commence à peindre.
Sa première peinture à l’huile – le Moulin de la Galette vu de sa fenêtre – date de 1916. Dès lors, Eugène Paul débute sa carrière d’artiste peintre. Il représente de nombreuses vues de Paris pour satisfaire la demande.
Il signe pour la première fois une toile « GEN-PAUL » en 1918.
En 1920, il expose au Salon d’Automne, et reste fidèle à cette institution, ainsi qu’au Salon des Indépendants. Il voyage en Espagne et se confronte aux chefs-d’oeuvres des maîtres : Goya, le Greco, Velasquez… À son retour, il utilise le noir encore davantage dans ses compositions.
Sa première exposition personnelle a lieu à la Galerie Bing en 1926. Il illustre plusieurs livres de Céline, notamment Voyage au bout de la nuit et Mort au crédit en 1942. Il réalise des gravures, dont certaines ont été publiées dans un recueil intitulé Vues de Montmartre. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il se rend fréquemment aux États-Unis et à New York. À l’époque, il est gradé du titre de général. En 1952, la galerie Drouant-David de Paris lui consacre une rétrospective. Outre les manifestations annuelles de la scène artistique parisienne (les Salons), Gen Paul n’expose qu’exceptionnellement.
Insensible au succès et à la célébrité, il n’a jamais porté une toile à un marchand. Ce sont eux qui sont venus les chercher. l’artiste refuse de dépendre d’aucune galerie. À la fin de sa vie, il voyage fréquemment en France et en Espagne.
Bibliographie
• Francis Carco, Gen Paul, Éditions de la Galerie Drouant-David, 1952. `
• Raymond Nacenta, The School of Paris – The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Osbourne Press, Londres, 1960.
• François Gibault, Céline, cavalier de l’apocalypse (1944-1961), Mercure de France, 1961.
• Jean-Paul Crespelle, Montmartre vivant, Hachette, 1964. Voir chapitre 8 (p. 224 à 247) : « Gen Paul, de la rue Lepic ».
• Les Muses – Encyclopédie des arts, Éditions Grange Balelière, 1972.
• Pierre Davaine (préface de Jean Miller), Gen Paul, Éditions I.G.E., 1974.
• Emmanuel David (entretiens avec Herve Le Boterf), Le métier de marchand de tableaux, Éditions France-Empire, 1978.
• Carlo a Marca (préface de Marc-Édouard Nabe, Gen Paul, Transédition, 1986.
• Gabrielle Aber-Gen Paul, Guy Vignoht (« La Force de l’instinct d’un géant de l’expressionnisme »),
• Jeanine Warnod, Gen Paul, 1895-1975, catalogue de l’exposition du Palais des Beaux-Arts, Menton, 1993.
• Chantal Le Bobinnec, Gen Paul à Montmartre, Éditions Chalmin et Perrin, 1995.
• André Roussard et Carlo a Marca, Catalogue de l’exposition Gen Paul, Couvent des Cordeliers, 1995.
• Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l’Amateur, 1996.
• Carlo a Marca, Joann a Marca, Gabrielle Aber-Gen Paul , Gen Paul (1895-1975), éditions de l’Hôtel Splügenschloss, Zurich, 1998.
• André Roussard, Gen Paul. La biographie, Éditions André Roussard, 2006, 304 p.
• Jacques Lambert (préface de Claude Duneton), Gen Paul : Un peintre maudit parmi les siens, La Table Ronde, 2007
• Chantal Le Boubinnec (présentation de Claude Duneton), Gen Paul à Montmartre, Les éditions de Paris – Max Chaleil, 2007
• Francesco Rapazzini, Le Moulin Rouge en folies – Quand le cabaret le plus célèbre du monde inspire les artistes, Le Cherche Midi, 2016.
• Marie-France Coquard, « Gen Paul et Jean-Pierre Serrier, deux potes de Montmartre », Revue Paris Montmartre .







